



Si, dans les années soixante-dix, les agriculteurs ont eu tendance à arracher les haies qui bordaient champs et praires, elles sont désormais considérées comme un élément essentiel du paysage. En les conservant et en les entretenant, certains agriculteurs contribuent à préserver l’identité de leur territoire l’Avesnois Thiérache.
Les haies délimitent les prairies et enclosent les animaux d’élevage les empêchant ainsi de se disperser. Leur développement en Avesnois Thiérache coïncide avec l’essor des centres industriels au XIXe siècle. L’accroissement des revenus et de la population a favorisé la demande en viande et en produits laitiers tandis que les agriculteurs ont dû résoudre la pénurie de vachers partis travailler en ville. Si, aux siècles précédents, la haie apporte une solution à l’exode rural, les haies hautes parsemées d’arbres représentent également un refuge pour les bovins. Elles les abritent de la pluie et du vent ou leur apportent de l’ombre quand le soleil est au zénith.
Au-delà de la protection du bétail, une économie s’est développée autour de la haie. L’agriculteur sélectionnait avec soin les essences d’arbres et d’arbustes. Chacune d’entre elles avait une fonction particulière, l’aubépine et le prunellier, aux épines acérées, éloignaient les animaux, le frêne au bois résistant servait à réaliser des manches d’outils tandis que le charme approvisionnait les cheminées des maisons. Aujourd’hui, s’il est plus commode d’acheter ces outils, la hausse des prix des énergies fossiles pourrait redonner un second souffle à la haie. Ainsi, le bois déchiqueté avec une chaudière adaptée fournit un excellent combustible de substitution au fioul.

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